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Parution sur le Label Monster Melodies Records (2018): Xalph

Monster Mélodies présente pour la première fois L’album du groupe Xalph. Une formation bordelaise rattachée à la mouvance musicale Zeuhl (musique  qui à travers l’influence du groupe Magma refuse dans ses créations le plagiat des groupes Anglo-Saxons). Sur ce disque se trouve l’intégralité des enregistrements studio de ce groupe mythique qui n’avait jamais publié de disques auparavant. Quatre titres inédits donc, datant des années 74-75, plus le titre « Gya-Tei » dans son intégralité. Titre dont on pouvait trouver seulement une partie sur la compilation de musiques nouvelles Enneade publié en 1987.

Cette édition limitée en vinyle transparent est pressée à 1000 exemplaires numérotés avec insert et affiche.

XALPH

L’histoire commence à Bordeaux en 1964. Jean Pierre Daran, Jean Jacques Pouget et Serge Blachère rejoint par Yvan Blanlœil y forment les franglais, un groupe de musiciens amateurs reprenant le répertoire des Spotnicks, des Shadows  Jean Pierre fasciné par le jeu de Hank Marvin apprends les mélodies en autodidacte. Il utilisera  pour en comprendre les mystères, une méthode très particulière, modifiant la vitesse des disques 45 tours en 33 tours. Ces passionnés de musique se produisent dans les bals et les fêtes locales de la Gironde.  En 1971, un autre projet musical prend forme lorsqu’en compagnie de trois autres étudiants, Francis Ferrer, Christian Lassalle, et André Lesgouarres, créent la formation Lucie dans le ciel. Si le nom est un hommage au Beatles période psychédélique, la musique elle est plutôt influencée par le sixties beat et les délires de Frank Zappa. En 1971, Un premier spectacle, truffé de textes décapants et subversifs, « Requiem pour Durand », écrit et composé par Yvan Blanloeil, remporte un vif succès avec ces excentricités scéniques. Lucie dans le ciel, après quelques représentations donnée localement, joue en première partie de Magma lorsque les kobaiens en tournées  se produisent à Bordeaux en avril 72. Là, Christian Vander et sa bande séduit par les délires de ces  bordelais, qui terminent leur set par une partie géante de tarte à la crème, se prennent de sympathie pour eux. Ce sera le début des échanges entre les musiciens professionnels de Magma et les amateurs de Bordeaux.

Mais Lucie dans le ciel est vite vampirisé par Yvan Blanloeil qui maintenant plus passionné de théâtre que de musique veut utiliser le groupe uniquement comme accompagnement pour des spectacles. Les musiciens n’ayant plus le sentiment de s’exprimer ne cachent pas leur mécontentement. « Dracula 73 », une pièce ou le groupe est obligé de transporter un harmonium de plusieurs tonnes,  précipitera la fin du groupe. 

Yvan poursuivra seul sa carrière devenant  metteur en scène, acteur et dramaturge au sein du collectif bordelais Fartov et Belcher  (d’après la pièce de Samuel Beckett En attendant Godot). Une entité crée en 1977 qui regroupe diverse compagnie de théâtre,  comme la "Compagnie du Jour où l'on joue" et le Théâtre de la Source, dont le point commun est d’utilisé les Entrepôts Lainé comme lieu de représentation. Les autres musiciens autour de Jean Pierre Daran forment un nouveau groupe, Amélie la sèche. Une maison prêtée par les parents à Villenave d’Ornon, dans la banlieue sud de Bordeaux, servira de lieux de répétition pour les musiciens qui s’orientent maintenant vers une musique plus progressive. Aucun des musiciens ne sachant lire la musique, tout se construit par transmission orale ; plusieurs maquettes sont enregistrées dans une grande complicité,  source d’émulation mutuelle, sur un magnétophone  à bande Teac 3300.  Jean Pierre crée son propre univers  à la guitare, auquel s’ajoute les instruments de Christian Lassalle, Francis Ferrer, André Lesgouarres et Jean Pierre Alcaïne le nouveau bassiste. Amélie la sèche, après s’être adjoint le clarinettiste et saxophoniste Christian Faure, donne quelques concert toujours dans la région bordelaise

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Mais c’est en juillet 74, quand le groupe répète dans une maison qu’ils ont loué à Pondaurat, un petit village de  Gironde, après que la formation ait pris le nom de Xalph, que commence alors la période la plus créative. Après que Jean Pierre Alcaïne le bassiste ai quitté le groupe pour des raisons sentimentales, Jean Pierre Daran achète une guitare basse et compose sur le Fender Rhodes de Christian Lassalle laissé sur place. Des titres qualifiés de « musique touffue emplie de pièges harmoniques et rythmiques » sont enregistrés par le groupe, avec la basse en rerecording sur un Sony à bandes et toujours le Teac 3300. Francis Ferrer crée un logo; un grand X au lettrage travaillé façon Druillet.

En 1975, Christian Vander propose une audition à Jean Pierre Daran pour être intégré dans Magma. Avec une guitare et un ampli, seul dans une petite pièce d’un studio de Valbonne, sans motivation particulière, le bordelais fait une piètre prestation. Il était de toutes les façons hors de question pour lui de quitter son groupe et d’abandonner sa propre musique.

Xalph continue sa route remplaçant ses musiciens au faire et à mesure de leurs défections. En 1975 c’est Serge Korjanevski qui officie aux claviers.

Giorgio Gomelsky propose alors au groupe d’organiser une tournée mais l’idée tourne court.

Christian Vander qui veut produire un album de Xalph sur le label Utopia, un projet qui lui aussi restera malheureusement sans suite, engage le groupe en compagnie de cinq autres (Carmina, Masal, Etron fou, Au fond du couloir à gauche et Potemkine) pour sa tournée Zeuhl locomotive pendant l’hiver 76. Le but étant de faire découvrir tout ces groupes locaux par un nouveau public en leur faisant assurer la première partie à tour de rôle dans des villes qui leur sont étrangères. Les bordelais devaient jouer donc à St Quentin, Macon, Grenoble et Clermont Ferrand, mais la défection au dernier moment du batteur André Lesgouarre mettra Xalph hors-jeu.

Il est toujours question d’enregistrer un album cette fois ci sur Tapioca le label de Jean Karakos ou alors avec Claude Blasquiz de Magma au studio Ramsès. Le groupe répète assidument avec Xavier Jouvelet, le nouveau batteur, et Jean Pierre Alcaïne de retour dans le groupe mais il ne se passe rien.

France 3 contacte le groupe pour un tournage avec interviews dans les studios de FR3 Bordeaux. L’émission de douze minutes sera diffusée le jeudi vingt et un juillet 1977 apportant une petite notoriété locale supplémentaire à Xalph. La même année,  le groupe se fait voler son matériel dans le local ou il est entreposé. Jean Pierre poussé par des réalités économique jette l’éponge. Il a fondé une famille,  repris le métier d’horticulteur, et s’il continue de composer, n’a plus le temps de se produire sur scène. Serge Korjanevski prend la relève en compagnie d’un nouveau guitariste  Patrick Briand, du clavier Jean Michel Cursan, du batteur Maurice Fari et du bassiste Jacques Tocah auxquels s’adjoindront  deux chanteuses, Claire Laborde et Françoise George. 

Xalph joue au festival Ecoutes musique nouvelles à Paris, organisé par le journal Atem, le 22 octobre 1979, deux concerts dont un à la gaité Montparnasse en compagnie de Vortex, Univers Zero, Art Zoyd et Philipe Cauvin.

Un autre concert aux entrepôts Lainé filmé en 1980 à Bordeaux, dont malheureusement la qualité visuelle est déplorable, donnera une idée de la magnificence du groupe sur scène.

 Xalph se séparera en 1981 victime de son  destin. On retrouvera un temps ses musiciens dans la formation Roger la honte, un album en 1983 sur le label KI record. Serge Korjanevski rejoindra Yvan Blanlœil  pour composer un spectacle musical alliant musique et théâtre « 40 paysages fixes pour piano » (mis en scène par Carol E.Miles, assistante  Bob Wilson) et fera paraitre l’album « La nuit protège les enfants » en 1988 mettant en musique  des poèmes de René Guy Cadiou. 

Jean Pierre Daran composera des musiques pour  d’autres spectacles d’Yvan Blanlœil dont La nuit prochaine, avec des séquences de synthé, présenté au festival Sygma en 1992, Edmond de David Mamet en 1999 avec notamment Bernard Blancan dans le rôle principal. Serge et Jean Pierre retrouveront Yvan pour composer à six mains la musique de Peter le meilleur, un « opéra portuaire » et Dracula en 2008 joué au théâtre National de Bordeaux Aquitaine (TNBA) avec quatre violoncelles sur scène. De nouvelles retrouvailles auront lieu pour les trois au sein d’un ultime avatar de Lucie dans le ciel fin 2012, que Jean Pierre quittera en 2013. 

Depuis 2017, toujours complice  Jean Pierre et Serge en compagnie de trois autres musiciens travaillent sur un nouveau projet Dark Zircus.