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Parution 2020: "Théâtre Musical" de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem (1973)

Monster Mélodies présente « Théâtre Musical » un enregistrement en public inédit de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem datant de 1973. Edition limitée, 1000 exemplaires numérotés en vinyle couleur.
 
Areski Belkacem et Brigitte Fontaine artistes majeurs de la contre-culture française ont été reconnus étrangement d’abord au Japon et ensuite aux USA, plus que dans leur propre pays même s’ils ont finis par y devenir culte. La diffusion de leurs anciens enregistrements demeurant encore aujourd’hui, malgré le handicap de la langue supérieure sur le marché international. Il y a certainement une raison à cela.  Formidablement créateurs et souvent extrêmement déroutants dans le fond et la forme de leur production, ils seront souvent censurés ou volontairement ignorés des médias. Leurs prises de positions libertaires s’attaquant autant à la barbarie du capitalisme que celle du communisme et leur propos contre le racisme, l’aliénation de l’individu, la colonisation, la condition des femmes, l’avortement, l’insalubrité des logements, le massacre des palestiniens, autant de sujet graves qui mêlés à une poésie de facture classique ou en vers libre, interprétées de manière faussement naïve et absurde nécessitent malgré leur apparente simplicité un effort intellectuel pour être décoder.

 

Une incohérence dans le monde de la chanson ou les artistes doivent rester lisse et prévisible se cantonnant à leurs rôles d’amuseur. S’ils font partie de ces artistes dont le travail a fait la richesse de notre culture hexagonale leur carrière souffrira ainsi d’une certaine mise l’écart du grand public dont ils ont pourtant la sympathie. Succès tardifs, Il faudra attendre l’album « Kékéland » en 2001 et « Rue saint louis en l’ile » en 2004 pour que Brigitte Fontaine obtienne des disques d’or certifiant ses ventes alors que sa carrière de chanteuse avait débuté trente-huit ans plus tôt en 1963. Un des nombreux point commun avec celle de Serge Gainsbourg qui commença en 1958 pour obtenir un premier disque d’or en 1977 grâce à son album reggae « Aux armes et cætera » soit une reconnaissance dix-neuf ans plus tard. Deux artistes qui, si leur propos sont différents, ont chacun à leur façon bousculé leur époque, innovant musicalement, pratiquant la provocation à outrance, se créant des personnages hors norme, tout en cultivant leur passion pour la langue française.


Heureusement, au tournant de la carrière de Brigitte Fontaine, quand se détachant de l’écurie Jacques Canetti elle abandonne une chanson de cabaret, qu’elle maltraitait malicieusement avec des paroles de son cru à l’humour souvent grinçant, cassant les clichés de l’époque à la façon d’un Boris Vian, il y eut des rencontres. Après Jacques Higelin le complice, ce sera celle avec Areski. Le musicien qui deviendra son indéfectible compagnon à la ville comme sur scène et ce qui aura une importance capitale pour l’aboutissement de sa carrière. Puis il y aura Pierre Barouh qui soutiendra le duo Fontaine Areski, avec Saravah son label hors norme, en produisant une poignée d’album culte aux ventes incertaines, ainsi que Jean Karakos patron du label BYG pour l’album « L’incendie », laissant le champ libre aux deux artistes pour toutes leurs expérimentations. Ils seront les premiers musiciens en France en enregistrant avec l’Art ensemble of Chicago à mêler le free jazz à leur propre production musicale.

 

Musique libre comme eux accompagnant la poésie inventive et provocatrice de Brigitte Fontaine. Les premiers à s’essayer à la world music avant que le terme n’en soit même inventé. Les premiers à se frotter aux sons électro en 1977 pour l’album « Vous et nous », enfin les premiers à se produire dans des spectacles mêlant chansons et théâtre révolutionnant les tours de chant traditionnels.
Le théâtre reste la première passion de Brigitte qui commença à se produire sur scène à l’âge de douze ans dans une pièce de Marivaux avant de poursuivre dans des répertoires classiques Audiberti, Molière, Giono, Vian, Genet. En compagnie de Rufus et de Jacques Higelin ils se produisirent dans leur propre pièce « Maman j’ai peur » en 1966 puis « Niok » en 1969 avec toujours Higelin auquel se joignit Areski.  Des pièces, Brigitte Fontaine en créera de nombreuses autres au cours des années intercalant sa carrière théâtrale fruit de diverses collaborations avec sa carrière de chanteuse.


Sans cesse en activités, Areski et Fontaine partant dans des tournées les plus improbables écumeront les petites salles de théâtre en province, jouant dans les prisons et les hôpitaux psychiatrique, pour les ouvriers de chez Renault à Boulogne Billancourt, à la fête de l’huma, se produisant en soutien pour lutte ouvrière,  chez Lipp en grève, se perdant dans des tournées confidentielles et financièrement catastrophique dont l’Algérie en 1970 dix ans seulement après le conflit, ou au Canada. Les ventes de disques restant confidentielles seule une production littéraire pléthorique, romans, poésies, contes, nouvelles, récits permettra à la chanteuse de survivre économiquement depuis 1975. Aujourd’hui malgré les années, le couple poursuit toujours de nouveaux projets. La chanteuse défendant actuellement sur scène « Terre neuve » son album paru en janvier 2020.  


Si l’on voulait évoquer le parcours musical de Brigitte Fontaine il y aurait trois parties : la chanteuse rive gauche atypique de 1963 à 1969 incluant sa collaboration avec Jacques Higelin, le duo avec Areski de 1969 à 1984, puis après un trou noir en 1980 la période chanteuse en solo (malgré que le duo collabore toujours) de 1984 à aujourd’hui. Une rupture à la scène pour casser avec l’image des années soixante-dix et renouveler sa carrière toujours aussi fantasque et provoquante. La chanteuse ne se marginalisant plus mais toujours en équilibre sur un fil luttant bec et ongle pour son indépendance dans un show business dont elle fait maintenant partie accentuant son étrangeté devenant pour les nouvelles génération la grande prêtresse poétique punk.


Le disque « Theatre Musical » fut enregistré en 1973. Une année qui fut un tournant dans le carrière du duo, les deux artistes décidant de se produire sur scène sans musiciens pour les accompagner et dans une mise en scène dépouillée avec pour seul décor et accessoires des vêtements et des guirlandes suspendus à des cordes à linges, des masques de comédie et leurs instruments. Les chansons, que l’on retrouve ici toutes emplies de la poésie inventive et décalée de Brigitte Fontaine accompagnées des musiques atypique créées par l’excellent musicien Areski Belkacem, si elles figurent sur leur différents albums parus entre 1971 et 1973 (certaines furent enregistrées la même année en 1973 sur l’album « Je ne connais pas cet homme » ou pour certaines sur l’album « L’incendie » d’autres auparavant sur l’album homonyme de 1971, quatre autres figuraient sur l’album d’Areski  « Un beau matin » datant de 1971), sont ici interprétées dans leur plus simple expression, sur scène, sans le concours d’autres musiciens, le duo s’accompagnant lui-même à la guitare, aux percussion et à l’accordéon . Un récital tenant autant du tour de chant que du théâtre ou happening tel que les deux artistes en produisirent entre 1973 et 1979 de façon unique et dont il reste ici le seul témoignage.


La captation de ce concert au studio 102 de la maison de la radio date du 21 mai 1973 avait été diffusée sur France culture le 2 novembre 1973 restant depuis inédite.

TRACKLIST

A1 Le Silence 2:37

A2 Intermède Théâtral (Part 1) 3:26

A3 Nous Avons Tant Parlé 2:56

A4 Intermède Théâtral (Part 2) 1:50

A5 Je Ne Connais Pas Cette Homme 1:51

A6 La Fille Du Curé 3:33

A7 Un Beau Matin 4:43

B1 Six Septembre 2:27

B2 Eros 2:13

B3 Intermède Théâtral (Part 3) 3:59

B4 La Renarde Et Le Bélier Touffu 2:53

B5 Le Dragon 2:27

B6 Intermède Théâtral (Part 4) 1:59

B7 Bali 2:33

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